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Théâtre La Piscine à Chatenay-Malabry

Situé au 254 avenue de la Division Leclerc à Châtenay-Malabry

fiche technique du Théâtre La Piscine





 

Un peu d’histoire…

Une curieuse Piscine : la Piscine de la Butte Rouge

1938-1977 / l’utopie sociale
En ces années de promesses sociales, 1935-36, l’office public des Habitations à Bon Marché du département de la Seine lance un grand programme de cités-jardins. Nouvelle architecture, nouvel art de vivre, des cités modèles dans la campagne encore proche de Paris, réalisation d’une utopie où piscines, cinémas et bibliothèques remplaceraient les cafés ! En 1938 est inaugurée la cité-jardin de la Butte Rouge à Châtenay-Malabry. Les nouveaux habitants, venus pour la plupart de taudis parisiens, découvrent, éblouis, le bois de Verrières, les guinguettes de Robinson, et les nouveaux logements à la pointe de la modernité (un exemple parmi d’autres : le fameux évier-vidoir Garchey qui aspire tous les détritus ménagers directement dans l’évier et les expédie vers l’usine de retraitement qui chauffe l’eau de la Piscine). Aujourd’hui encore la cité de la Butte rouge est visitée par des architectes venus du monde entier. La Piscine, avec ses mosaïques de dauphins et étoiles de mer, son grand bassin éclairé par la lumière du jour, son solarium, son pédiluve vert, est immédiatement un lieu de joie, de fête, d’apprentissage, de détente. Elle le restera pour plusieurs générations d’habitants de la banlieue sud. Les architectes sont MM. Bassompierre, de Rutté et Sirvin. Déjà c’est l’association de plusieurs municipalités qui rend possible cette réalisation : les villes de Châtenay-Malabry, Antony, Sceaux et Verrières-le-Buisson se « cotisent » pour l’entretenir. Pendant la guerre, elle est réquisitionnée sauf le dimanche où elle reste ouverte à la grande joie de la population.
À la Libération elle est ré-ouverte mais l’eau n’est pas chauffée. En 47 des conditions normales sont rétablies, la fréquentation remonte en flèche, les tarifs sont très bas, 1,50Fr, 3,50Fr. Mais dans les années 70 de nombreuses autres piscines plus modernes ont ouvert leurs bassins alentour et en décembre 77 la Piscine est fermée en raison du coût trop élevé au regard des faibles recettes.

1978-1985 / une nouvelle âme pour La Piscine
C’est un groupe d’enseignants (d’enseignantes à vrai dire : une dizaine de femmes et un homme), du Lycée Emmanuel Mounier de Châtenay-Malabry, qui a l’idée de parler de ce lieu, désaffecté et en voie de pillage, au Théâtre du Campagnol. Le Campagnol vient de créer David Copperfield à la Cartoucherie de Vincennes au Théâtre du Soleil. Ce fut un grand succès populaire : plus de 40 000 spectateurs. Jean-Claude Penchenat, co-fondateur du Théâtre du Soleil, anime depuis plusieurs années un atelier au lycée Emmanuel Mounier, il est justement en recherche d’une solution pour stocker décors et costumes de David Copperfield et installer sa compagnie naissante. La mairie de Châtenay-Malabry donne son accord pour que le Campagnol investisse La Piscine en l’état dès l’automne 78. Très vite l’équipe obtient l’aide du Fond d’Intervention Culturel pour un vaste projet de deux ans intitulé « Une Ville se raconte ». Ce projet permettra, autour du recueil et de la théâtralisation de récits d’habitants de Châtenay-Malabry, la stabilisation d’une équipe permanente, l’ouverture d’ateliers pour les amateurs, l’aménagement sommaire - réalisé par les comédiens eux-mêmes - du bassin et de la salle des douches. Parallèlement la Compagnie prépare et joue ses spectacles. La Piscine revit, devient une ruche, un lieu de rencontres, de répétitions, mais les conditions sont sommaires - pas de chauffage - et elle ne peut pas accueillir de public. Les créations se font à Antony au Théâtre Firmin Gémier. De ces années fondatrices naîtra un réseau de spectateurs, de comédiens amateurs, de futurs professionnels, tous impliqués profondément dans cette aventure collective. Et, bien sûr, la salle des douches, transformée en salle de répétition, verra la préparation de très nombreux spectacles, 45 environ.


1982-1992 / Centre Dramatique National de la banlieue sud
En 1982 le Ministère nomme Jean-Claude Penchenat et le Théâtre du Campagnol Centre Dramatique National de la banlieue sud. Basé à Châtenay-Malabry, ce nouveau CDN a pour partenaires cinq villes : Antony, Bagneux, Châtenay-Malabry, Palaiseau, Verrières-le-Buisson. En octobre 85 la Piscine est réouverte au grand public, réhabilitée comme salle de spectacle par les architectes Reichen et Robert et le scénographe Guy-Claude François. La Piscine fonctionne alors de nouveau à plein régime : créations avec une équipe permanente de 20 à 30 comédiens, coproductions, accueils, atelier de création de costumes avec 5 à 10 personnes, atelier de création de masques et accessoires, costumier (environ 3000 costumes), ateliers de formation pour les amateurs, stages, rencontres, formation de formateurs pour les enseignants qui dirigent des groupes de théâtre, lectures, grands cycles de recherche et de représentations comme Goldoni européen, ou L’Intégrale de l’œuvre en un acte de Marivaux, La Comédie aujourd’hui, ou encore soirées festives à thèmes associant professionnels et amateurs comme Les Rendez-vous du Pédiluve. En 1992 le Campagnol quitte Châtenay et emmène avec lui le CDN de la banlieue sud.

1993-2006 / un lieu de spectacles consacré
La Piscine devient alors Théâtre municipal. Une première saison « coup de pouce à trois compagnies locales » issues du Théâtre du Campagnol, un festival de l’humour, puis le Théâtre du Chapeau Rouge, dirigé par Pierre Pradinas est implanté en résidence par la Ville et la DRAC Ile-de-France pour une durée de trois ans. L’association « Une ville se raconte », constituée depuis 1983, continue le travail d’atelier avec les amateurs à Châtenay-Malabry et à Antony.
À partir de 2001 le Théâtre La Piscine devient la seconde salle des Gémeaux, Scène Nationale de Sceaux, dirigée par Françoise Letellier. Pour la première fois La Piscine n’est plus un lieu de répétition, de travail, de création. On y retrouve une programmation prestigieuse, la salle accueille de grandes et belles créations nationales et internationales en tournée. Un travail d’actions culturelles dans les écoles, notamment primaires, est assuré par la compagnie Jabignol.

Dès 2003, le maire de Châtenay-Malabry décide la reconstruction de La Piscine et sa transformation en un pôle culturel accueillant également un Conservatoire de musique et de danse. La réhabilitation de la partie conservée de l’ancienne Piscine, la construction de la nouvelle salle de spectacle et du Conservatoire sont l’œuvre de l’agence Nicolas Michelin et associés et au scénographe Gérard Fleury. La gestion du théâtre, après sa reconstruction, est confiée à l’équipe du Théâtre Firmin Gémier dirigée par Marc Jeancourt.